Aus der Serie STUMME ZEUGEN  ·  témoins muets, 2007, Marseille, analoger Fotoprint
 


STUMME ZEUGEN  ·  témoins muets. In Marseille, mich einsehend, fällt die Schicht der ersten Blendung langsam ab. Immer wieder beobachten – regarder attentivement. Vorwärts gehen, den Blick kreisen lassen. Aufstehen. Losgehen. Die Sonne niederfallen sehen. Häuserschluchten – des gorges des maisons, erdfarben gestrichene Gebäude, auch graue, verwitterte, die im Licht der Sonne gegen Abend trotz allem ihren Zauber mitteilen. Das Rauschen des Verkehrs dringt zu mir vor. Möwen schreien. Auf den Spuren von Walter Benjamin bewege ich mich. Die Überraschung in der Ferne sowie die intensive Reizerfahrung in einem traumhaft wachen Zustand schildert er und nimmt durch seine Reisen sowie durch sein Anderssein die Umwelt verstärkt wahr. Die Sonne sticht. Die Straßen laufe ich hinauf und hinab. Raste, um die Straße auf mich wirken zu lassen. Trete ein, trete wieder hinaus. Wieder anderes tritt ins Blickfeld. Rohheit und Hässlichkeit werden augenscheinlich. Ich sehe. Es ist ein Auf und Ab. Die Bewegung will nicht abreißen. Ich sehe einfach. L`obsession d`observation. Eine Verschlossenheit des Straßenbildes und der Fensterläden zeigt sich mir. Die Verschlossenheit setzt sich in den hinuntergelassen Rollläden der Geschäfte fort. Mein Blick fällt auf Verweisstücke, auf die Vermittler zwischen innen und außen, d.h., auf die stummen Zeugen wie z.B. Werbeschilder, Wäschestücke, Vogelkäfige, Pflanzen, Lebensmittel, Klammern, Teppichausklopfer, Tüten, Schuhe, aber auch Besen. Eigentlich monotone Fassaden fangen an zu leben und sehen aus wie mit feinen Brillanten besetzt. Manchmal wachsen davor laublose Platanen. Neue Lichter erhält die endlose Straße. Diesen Stadtraum machen sie zu einem ganz eigenen Zeigesystem und zeichnen ihn, tagsüber hart und trennend, gegen Abend weich und zart. Dadurch erfährt Marseille in meinen Augen eine Verzauberung. Eine Gasse führt mich weiter. Den gare St. Charles erreiche ich täglich. Mit seiner Bewegung, mit den Zügen, die immer wieder um die gleiche Zeit ankommen und abfahren, fällt er mir auf. Vom gare St. Charles ausgehend, komme ich in ein Gassengewirr, zum cours Belsunce. Unter den zahlreichen Schönlingen mustert man(n) sich gegenseitig. Im café du nouveau monde sitzen vereinzelt einige Männer am Nachmittag. Man(n) trinkt, sitzt, vergisst den Alltag außerhalb des Cafés. Jeder ist mit sich beschäftigt, kaum ein Blick dringt auf die Straße. Meine Aufmerksamkeit, die sich immer wieder auf etwas anderes richtet, und das Licht, das immer wieder anders fällt sowie andere Schatten wirft, prägen meinen Eindruck von Marseille. Wieder Gehen. Das Bekannte hinter mir lassen und eine neue Form finden.
 

© Frank K. Richter-Hoffmann  Marseille, 2007
 


 

« En tant qu’artiste, je vis actuellement de l’État »

 

Le peintre et photographe indépendant Frank K. Richter-Hoffmann a appris à être serein par rapport aux questions de l’argent. L’atelier de Frank K. Richter-Hoffmann n’est visible que pour les initiés. On passe trop facilement à côté de cette maison délabrée de la rue la plus branchée de la « Dresdner Neustadt », le quartier des bars et des artistes de Dresde. Une croix dessinée au feutre m’indique où sonner. « Je descends ! », s’écrie Richter-Hoffmann de par une fenêtre. Tandis que je perçois ses pas dans la cage d’escaliers, quelques punks du quartier, un peu crasseux, jettent un coup d’œil sur moi. Ils trainent au coin de la rue, boivent de la bière et s’accordent un peu de repos après avoir fait la manche.

 

Voilà deux ans que Frank K. Richter-Hoffmann a quitté son atelier à Dresde-Löbtau, de l’autre côté de l’Elbe, pour venir s’installer dans la Neustadt. « C’est très important pour moi d’être dans un milieu vivant », explique l’artiste. Où trouver mieux que dans la Neustadt, avec ses innombrables bars et galeries, ses ateliers et ses petites boutiques ? Comme nulle part ailleurs à Dresde, ce quartier est alternatif et déjanté, sa vie nocturne multicolore, ses habitants ouverts d’esprit. « L’activité culturelle et créative de Dresde se déroule dans la Neustadt », résume ce Dresdois d’origine, et raconte qu’il lui suffit de passer cinq minutes sur le pas de sa porte pour rencontrer quelqu’un qu’il connait. À trente-quatre ans, il apprécie la vitalité dans les rues en même temps que le calme de son atelier au premier étage.

 

Après avoir étudié la musicologie, la théâtrologie et l’histoire de l’art à la Freie Universität de Berlin, ainsi que les arts libres à Brême et les beaux-arts à la Kunsthochschule de Dresde, Frank K. Richter-Hoffmann s’est installé à son compte pour être, comme il l’appelle, artiste performeur-voyageur-visuel. Il travaille depuis 2009 comme peintre, photographe et artiste de performance indépendant. Un de ses accessoires est suspendu dans son atelier, telle une icône au-dessus d’un autel : une sorte de costume de superman – bottes, cape, et minishorts – couleur turquoise irisée. « Propager l’éclat bleu clair », ainsi le titre de la performance en question, pour laquelle Richter-Hoffmann a déambulé dans les rues du centre-ville en arborant ce look osé. « C’est l’œuvre d’art total qui est important pour moi », souligne-t-il en ajoutant que la performance sert de lien entre ses peintures et ses photographies, car c’est à travers elle que sa personne apparait dans ses œuvres.

 

« En tant qu’artiste, je vis actuellement de l’État », déclare Frank K. Richter-Hoffmann, et son ton se fait plus tranchant. Selon lui, la société ne tient plus en estime les artistes. La valeur donnée à l’art tend vers zéro. L’achat de peintures, ainsi Frank K. Richter-Hoffmann, est devenu « une espèce de luxe ». Mais les personnes extérieures ne valorisent que rarement le fait que l’activité de l’artiste est aussi un travail. Pourtant, c’est justement l’artiste indépendant qui doit tout faire à la fois : s’occuper de la prospection, entretenir les contacts, monter et démonter ses expositions, se charger de la comptabilité, etc. « Je ne m’ennuie pas », dit-il, et insiste sur l’importance du temps de recherche et de l’introspection. Pour lui, les bourses représentent une forme sensée de soutien par l’État. Ainsi, Frank K. Richter-Hoffmann a bénéficié il y a trois ans d’une bourse de travail de la Ville de Dresde. Toutefois, il faut régulièrement présenter sa candidature. Il faut savoir s’imposer pour jouir des aides et augmenter ses chances d’obtenir d’autres bourses.

 

Grâce à une bourse de voyage de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, Richter-Hoffmann a pu passer un mois à Marseille en 2007, pour dessiner, peindre, écrire et prendre des photos. Ce fut le début de ses projets urbains. Un an plus tard, il allait à Naples, ville dont l’artiste fixa la lumière méridionale dans ses photos. Pour lui, les voyages sont une bonne possibilité de faire le vide dans sa tête, mais c’est toujours aussi une question d’argent. Après une pause plutôt longue, il aimerait repartir cette année, cette fois-ci à Cracovie. Sinon, en tant qu’artiste et photographe indépendant, Frank K. Richter-Hoffmann a « appris la sérénité ». « Les factures à régler ne sont que du papier. Ça s’accumule, puis, lorsque l’argent est là, le paiement est affecté », explique-t-il avec un hochement d’épaules détendu.

 

La Neustadt est le quartier tendance de Dresde, on trouve ici des bars à profusion, des clubs hyperbranchés, des cinémas, des cafés, des boutiques en vogue. Les bâtiments de la fin du XIXe sont habités par des étudiants, des artistes et des musiciens qui constituent un paysage urbain alternatif et multicolore. Depuis 1990, on organise ici la fête de quartier «  République multicolore de Neustadt », qui est devenu la plus importante fête de quartier de l’Allemagne de l’Est, avec plus de 100 000 visiteurs par an.

 

© Madeleine Arndt  Marseille, 2014  ∙  weiterlesen

 

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